De nouveau de la laine de pays en Baie de Somme

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Depuis des années, la laine des moutons de la Baie de Somme n’est plus valorisée en Picardie. Matelassiers et matelas de laine ont disparu, les filatures se sont tournées vers la fibre synthétique et la laine des agneaux d’ici est partie pour être lavée de ses impuretés en Hongrie et transformée en Chine. Aujourd’hui pourtant, à contre-courant de cette tendance, on trouve à nouveau de la laine de mouton de prés-salés en vente à Saint-Valery-sur-Somme.

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A l’origine de cette aventure, Carole et Jacques Champigny. Elle est documentaliste dans un lycée, lui travaille au CRDP d’Amiens. L’un et l’autre ont préservé une partie de leur temps professionnel pour une aventure : l’ouverture d’une petite boutique, rue de la Ferté à Saint-Valery-sur-Somme. Ici, ils vendent ce qu’ils aiment, des bateaux Pop Pop (surprenant et incontournable), des bijoux de cuir, des pelotes de laine et des jouets en bois. Si près des prés salés de la Baie de Somme où pâturent chaque jour des milliers de moutons, brebis et agneaux, ils se sont dit qu’on pourrait peut-être en faire autre chose que des gigots.

Ils ont alors eu la chance de rencontrer un éleveur, Jean-Pierre Testu, installé à Mons-Boubert et dont les bêtes sillonnent l’estran et se nourrissent chaque jour de la végétation du schorre. La petite herbe halophile, la pucinelle est leur régal. Depuis des années, Jean-Pierre Tétu exporte la laine qu’il tond sur le dos de ses moutons. Un produit dont la valeur a chuté au cours des dernières décennies. « Mon père avait coutume de dire qu’avec la laine, on payait le berger pour une année entière. Aujourd’hui on paye à peine le déjeuner du tondeur, raconte Jean-Pierre Testu. La quasi totalité de sa matière première part aujourd’hui à l’exportation. Mais tenté par l’audace de Jacques et Carole, il a eu envie de leur en réserver quelques dizaines de kilos. S’en sont suivis quelques mois de démarches infructueuses pour trouver en Picardie le moyen de transformer la laine encore chargée de ses impuretés. C’est finalement en Haute-Loire et dans la Creuse qu’ils ont trouvé les entreprises capables d’en faire de belles pelotes.

Pleins d’idées encore dans leurs têtes et dans leurs coeurs, Le Petit Grain… c’est bien plus qu’un magasin, c’est un lieu de vie et d’échanges : ils imaginent pour la suite des clubs de tricoteuses, d’échanges de patrons, des teintures végétales issues de plantes locales (là, on pense immanquablement à la waide).

 

 

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Reportage des ruelles de Saint-Valery aux bergeries des prés-salés….

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