La Baie de Somme, un tableau de Corot en vente à New-York…pourrait-il revenir en Picardie

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C’est une huile sur toile, un petit tableau de 50 centimètres de long et 24 de haut. Un paysage de bord de mer, deux femmes équipées d’un filet à crevettes… Le tableau de Jean-Baptiste Corot a vraisemblablement été peint entre 1855 et 1860. C’est ainsi qu’il est présenté par l’honorable maison de vente aux enchères new-yorkaise, Bonhams. Le tableau est estimé entre 74 000 et 110 000 euros.

Une mise en vente qui intéresse Sabine Cazenave, directrice des Musées d’Amiens : « A double titre, explique-t-elle, puisqu’il s’agit d’un Corot et qu’il représente un paysage de la région. Alors oui, évidemment c’est une vente qui retient notre attention. Ce qui est complexe, c’est de réagir dans l’urgence. Pour être en mesure de participer à une telle vente, il faut que le Musée soit capable de réunir au moins trois fois la mise à prix. Nous ne pouvons pas nous permettre d’entrer dans la course si nous ne sommes pas capables d’enchérir. Ensuite, il nous faut l’autorisation de notre tutelle, la Ville d’Amiens et enfin l’autorisation de l’Etat. »  Tout achat pour un Musée y est soumis, parce que l’oeuvre d’art entre alors dans le bien public et devient inaliénable.

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Le tableau sera mis en vente le 6 novembre prochain, à New-York. Appelé La Baie de Somme, il a pu être peint à Saint-Valery ou au Crotoy. Jean-Baptiste Corot, appelé aussi Camille, était un peintre parisien. Après quelques années passées à gagner sa vie chez un marchand de draps, il obtient de ses parents une rente qui lui permet de faire de la peinture son métier. Il voyage en Italie et en peint les paysages. Il s’intéresse aussi à la Normandie, la Bretagne et la Provence.

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 Ami de Constant Dutilleux, il séjourne régulièrement chez lui, à Arras. Il rend aussi souvent visite à Alfred Robaut, à Douai, ou encore à l’occasion de vacances, à Cayeux-sur-Mer. « Le 18 août, il date de Marcoussis un billet à M. Alfred Robaut qui, de Cayeux, où il est en villégiature, l’a invité à accepter un gîte sous son toit. Corot lui répond : « Quoi que je ne sois pas mal, je suis encore forcé de renoncer à faire des voyages un peu longs; il me faut vivre encore en retraite et en silence. Je suis bien malheureux; j’aurais été si content de me retrouver en famille au bord de la mer. »(1) 

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« Corot fit ce dessin (n°2883) à Douai, explique encore Alfred Robaut, pour expliquer la désolation d’un pays qu’on lui avait injustement vanté, selon lui et qui lui avait si peu agréé, qu’il jura de n’y plus retourner. « Voici, disait-il tout en dessinant, un échantillon de la végétation qu’on y trouve. » En traçant les maisons, il ajoutait : « Ces pauvres chaumières tombent en ruine : elles servent d’abri aux arbres qui à leur tour, quand elles ne seront plus là disparaitront, soyez-en certains ; car il est impossible de résister dans ce pays-là ». 

Dans ses carnets, il note avoir été présent à Saint-Valery-sur-Somme le 11 juin 1853. A d’autres reprises, il peindra dessins et esquisses au Tréport ou à Cayeux-sur-Mer.

Note (1) : extrait de L’oeuvre de Corot, catalogue raisonné et illustré d’Alfred Robaut.

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